« Cap vers une Commune solidaire » : un mot fort… mais que recouvre-t-il vraiment ? Volet 2/2

🔎 Cet article fait partie d’une analyse en deux volets. Retrouvez le Volet 1 – « Cap vers la Gouvernance Participative »

🧩 Dans son projet intitulé « Cap vers une Gouvernance Participative et un Village Solidaire », le collectif Réunissons les Rutissons associe deux notions particulièrement valorisantes.

Ce choix n’est pas anodin : il s’agit du grand titre qui structure leur projet politique en ligne, même si cette formulation n’apparaît pas avec la même centralité dans les feuillets distribués. Après s’être interrogé sur le sens réel donné à la gouvernance participative, une autre question mérite d’être posée : que signifie concrètement l’ambition d’une “commune solidaire” à Saint-Vincent-de-Mercuze ?

🌱 Une notion positive… mais exigeante

Le terme solidaire évoque immédiatement l’entraide, l’attention portée aux plus fragiles, la cohésion sociale et le souci de ne laisser personne de côté.
Appliqué à une commune, il suppose bien davantage qu’un état d’esprit : il renvoie à une politique publique structurée, capable de répondre à des besoins sociaux identifiés.

Or, à Saint-Vincent-de-Mercuze, la démographie est connue : population globalement stable, vieillissante, peu marquée par une grande précarité mais exposée à des enjeux réels d’isolement, de mobilité, d’accès aux services et de lien intergénérationnel.

🧐 Que dit réellement le programme ?

À la lecture des six feuillets et du site objectif2026.fr, on trouve plusieurs propositions qui relèvent de la solidarité : initiatives intergénérationnelles, attention portée aux jeunes, accompagnement des démarches, réflexion sur la santé ou le logement.

Mais ces éléments apparaissent dispersés, sans être clairement rassemblés dans une stratégie de solidarité lisible, hiérarchisée et assumée comme un axe politique à part entière.

Il manque notamment :

  • une définition claire de ce que le collectif entend par commune solidaire ;
  • l’identification des publics prioritaires ;
  • des objectifs mesurables ;
  • des moyens clairement annoncés.

🔗 Gouvernance participative et solidarité : un lien à clarifier

L’association des termes gouvernance participative et commune solidaire est séduisante sur le plan du discours. Elle suggère que la participation citoyenne permettrait de construire une solidarité plus juste et plus proche des besoins réels.

Mais sans cadre précis, un risque apparaît :
👉 que la solidarité repose surtout sur l’engagement volontaire des citoyens les plus actifs, laissant de côté ceux qui sont justement les plus fragiles, les plus isolés ou les moins disponibles.

Autrement dit, une commune ne devient pas solidaire uniquement par la participation, mais par des choix politiques clairs, structurés et inclusifs.

⚖️ Intention généreuse ou politique publique assumée ?

Aujourd’hui, le terme commune solidaire semble davantage relever d’une intention louable que d’une politique clairement construite.
Les idées existent, mais elles ne forment pas encore un projet social identifiable, avec des priorités, des outils et des engagements concrets.

La question n’est donc pas de savoir si la solidarité est souhaitable — elle l’est — mais comment elle se traduit dans l’action municipale.

👥 Une solidarité pour qui, exactement ?

Une autre question mérite enfin d’être posée : à qui s’adresse concrètement cette ambition de “commune solidaire” ?

Le programme ne précise pas sur quel territoire s’exerce cette solidarité : s’adresse-t-elle d’abord aux habitants de Saint-Vincent-de-Mercuze, en réponse à des besoins sociaux clairement identifiés localement, ou s’inscrit-elle dans une logique plus large, à l’échelle intercommunale, départementale ou régionale ou plus ouverte encore ?

Cette absence de périmètre clairement défini laisse place à l’interprétation. Or, en matière de politique municipale, la solidarité gagne en légitimité lorsqu’elle est clairement ancrée dans le territoire, ses réalités et ses habitants.

❓ Questions ouvertes à adresser au collectif

Pour éclairer les citoyens, plusieurs questions restent en suspens :

  1. Définition : Que recouvre précisément, selon vous, la notion de commune solidaire ?
  2. Priorités : Quels publics ou enjeux sociaux seront traités en priorité durant le mandat ?
  3. Moyens : Quels dispositifs concrets, quels partenariats et quels budgets y seront consacrés ?
  4. Inclusion : Comment garantir que cette solidarité concernera l’ensemble des habitants, et pas seulement les plus engagés ou les plus visibles ?
  5. La “commune solidaire” que vous invoquez s’adresse-t-elle en priorité aux habitants de Saint-Vincent-de-Mercuze, ou vise-t-elle un public plus large, au-delà du cadre communal ou intercommunal ?

La solidarité est un mot fort. Encore faut-il qu’il s’incarne dans une politique claire, lisible et accessible à tous.

🔎 Cet article fait partie d’une analyse en deux volets. Retrouvez le Volet 1 – « Cap vers la Gouvernance Participative »

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