🔎 Cet article fait partie d’une analyse en deux volets.
Poursuivez la lecture avec le Volet 2 – « Cap vers une Commune solidaire »
🗳️ À Saint-Vincent-de-Mercuze, le collectif Réunissons les Rutissons a lancé un projet politique structuré avec un concept clé : Cap vers la Gouvernance Participative et une commune solidaire . C’est sans doute l’un des points les plus ambitieux de leur projet. Mais au-delà de l’étiquette, que contient réellement leur proposition ?

Cap vers la Gouvernance Participative : L’intention affichée
Le terme “Gouvernance” signifie : la manière dont on dirige. En y ajoutant “Participative”, le collectif promet de rompre avec le modèle du maire décideur unique.
- L’idée forte : Intégrer les citoyens de manière permanente dans la gestion du village, et non plus seulement au moment des élections.
- Le discours : Ils prônent la transparence et la “collaboration” pour que chaque Rutisson se sente acteur de sa commune.
🧐 Une lecture à plusieurs niveaux
Mais en épluchant le site objectif2026.fr, on observe une forme de “double discours” qui peut interroger l’électeur :
- Le discours “fort” (la vraie gouvernance) : Pour passer à une réelle gouvernance participative, le collectif s’appuie sur ses groupes de travail thématiques. L’engagement consiste à ouvrir ces instances de réflexion aux habitants volontaires pour “élaborer ensemble”. On ne vous demande plus seulement votre avis, on vous propose de travailler sur le dossier.
- Le discours souple “démocratie” (proche de la consultation) : Le collectif évoque souvent le fait d’écouter, de sonder et d’informer. C’est ce que font déjà beaucoup de mairies dont la notre : on demande l’avis des habitants avant de trancher. Ici, le pouvoir reste aux élus.
- Le paradoxe des projets déjà actés : Une grande partie du programme présente des projets déjà très précis et ficelés (aménagements, sécurité, école…). Or, si tout est déjà prévu, quelle place reste-t-il pour la participation ? On glisse alors de la “gouvernance partagée” vers une consultation plus classique (demander l’avis sur un projet déjà défini).
🏛️ Gouvernance ou Démocratie Participative : Un problème de terme ?
Il est possible que le collectif projette en réalité de mettre en place de la Démocratie Participative, mais qu’il n’utilise pas tout à fait le bon terme avec “Gouvernance”.
La nuance est de taille : La Gouvernance implique un partage du pouvoir de décision et de gestion. La Démocratie Participative, elle, consiste à créer des espaces de débat (commissions, forums, vote) pour nourrir la réflexion des élus.
En utilisant le mot “Gouvernance”, le collectif place la barre très haut : cela suggère que les citoyens pourraient avoir un véritable pouvoir de co-décision. Si, dans les faits, les citoyens ne font que donner des idées sans voter les décisions finales, le terme sera alors apparu comme surdimensionné par rapport à la réalité.
🔍 Le test du PLU : Un moment de vérité
L’annonce d’une prochaine réunion sur le PLU (Plan Local d’Urbanisme) sera le premier test grandeur nature de cette vision. Réunion programmée le 25 Janvier 2026
« S’agira-t-il d’une présentation pédagogique de choix déjà faits ou de l’ouverture d’un véritable chantier de réflexion où les habitants pourront peser sur les règles de construction de demain ? C’est sur ce dossier que les Rutissons verront si le curseur se déplace vraiment vers un partage du pouvoir. »
💰 Le “Budget Jeune” : Révélateur ou exception?
La création d’un budget dédié aux projets des jeunes est l’une des rares propositions du programme de Réunissons les Rutissons qui pourrait être considérée comme relevant de la gouvernance participative.
Pour autant, le dispositif reste flou : ni le montant de l’enveloppe, ni les règles de fonctionnement, ni le niveau réel de décision confié aux jeunes ne sont précisés. S’agit-il d’un budget réellement piloté par les jeunes ou d’un outil consultatif de plus ?
Cette incertitude en fait un révélateur du programme dans son ensemble : une ambition de participation affichée, mais une méthode et un partage du pouvoir encore à clarifier.
- Le contraste : pour tout le reste du programme (urbanisme, environnement, mobilité…), le collectif semble s’en tenir à de la Démocratie Participative (on discute, on consulte, on propose) sans déléguer le pouvoir de décision final.
❓ Une gouvernance pour tous… ou pour quelques-uns ?
Une autre question traverse l’ensemble du programme : qui participera réellement à cette gouvernance ?
Si les dispositifs reposent principalement sur l’engagement au sein de groupes de travail proches du collectif, le risque existe que la participation soit, de fait, réservée aux plus militants ou aux plus disponibles.
Dans ce cas, la gouvernance dite participative pourrait ne concerner qu’une partie des citoyens, laissant les autres dans un rôle d’observateurs, plus que d’acteurs à part entière.
⚠️ Gouvernance participative. Les défis à relever
Pour que ce modèle ne reste pas une intention théorique, il devra affronter plusieurs obstacles :
- L’efficacité : Décider à plusieurs est plus long. Comment ne pas paralyser les projets du village ? ⏳
- La motivation : Passer du statut d’électeur à celui de “travailleur” en commission demande un engagement que tout le monde ne peut pas fournir. 🔋
- La légitimité : Qui seront les citoyens dans les groupes de travail ? Comment s’assurer qu’ils ne représentent pas que leurs propres intérêts ? 👥
❓ 4 Questions à poser au collectif
Pour éclairer les citoyens de Saint-Vincent, voici quelques questions qui pourraient être adressées aux candidats de la liste :
- Le périmètre : Quels projets seront réellement ouverts à la gouvernance participative et lesquels sont déjà définitivement fixés dans votre programme ?
- La méthode : Comment seront sélectionnés les habitants pour vos groupes de travail (volontariat, tirage au sort, parité par quartier) ?
- L’arbitrage : En cas de désaccord entre un groupe de travail citoyen et le Conseil Municipal, qui aura le dernier mot ?
- Le budget : En dehors de la jeunesse, prévoyez-vous un budget participatif global pour permettre aux habitants de voter pour des investissements précis ?
Le programme de “Réunissons les Rutissons” est encore appelé à évoluer d’ici 2026. Ces précisions seront essentielles pour transformer une intention séduisante en une méthode de gestion solide pour notre village.
🔎 Cet article fait partie d’une analyse en deux volets.
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